le
Bouddha
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La pureté ne s'obtient pas par la vertu, non
plus que sans elle.
- A un brahmane qui lui demandait qu'elle était sa
caste,
le Bienheureux répondit :
" Je ne suis ni brahmane ni fils de roi,
Et ne suis pas davantage un bourgeois ;
Me rangeant parmi les gens du commun,
Sans un sou vaillant, pensif, je cours le monde.
Sous la robe de moine, sans domicile, je vais,
Les cheveux rasés et l'âme sereine,
Sans tremper ici-bas dans les affaires humaines ;
Hors de saison est la question au sujet de ma caste."
- Alors que son disciple Maluntyãputta s'étonnait
que la doctrine ne traita point de l'origine des univers ni d'une survie
possible,
le Bouddha précisa :
La connaissance de toutes ces choses ne peut faire faire aucun pas nouveau
sur le chemin de la sainteté et de la paix.
Ce qui sert celles-ci, voilà ce que je suis venu enseigner :
la vérité sur la souffrance, ses causes, son extinction.
- Si ce que j'enseigne est abondant comme les feuilles d'un
arbre,
les vérités qui m'ont été révélés
sans que je les enseigne
sont plus nombreuses que les feuilles de toute la forêt.
- Le corps, ô moines, n'est point le Soi, la sensation
n'est point le Soi,
la perception n'est point le Soi, les constructions ne sont pas le Soi,
pas plus que la conscience n'est le Soi ...
Considérant cela, ô moines, le disciple ne fait aucun cas du
corps,
ni de la sensation, ni de la perception,
ni des constructions, ni de la conscience.
En n'en faisant point cas il est impassible.
Etant impassible il est libéré.
Dans la libération vient à l'existence la Connaissance :
" Je suis libéré ! "
Et alors il sait ceci :
La naissance est détruite, la vie avec Brahma est vécue,
ce qu'il y avait à faire a été fait,
il n'est plus question de devenir ceci ou cela.
- - Le désir allié à l'ignorance détermine
un acte.
- L'acte exécuté produit une impression et fait surgir la
conscience d'un Moi.
- Impression et conscience du Moi tendent à affirmer l'existence
individuelle.
- Mais l'existence individuelle n'a d'autres tests de sa réalité
que les sens.
- Ces sens, qui séparent et qui relient,
amènent le contact avec le monde extérieur.
- Or le contact est générateur de sensation.
Il n'y a point de sensation sans engendrement d'un appétit ~ appétit
de la
prolonger ou de la renouveler.
- L'appétit vise à s'incorporer l'objet désiré.
- Cette absorption construit ainsi un devenir.
- Tout devenir est créateur d'une naissance ( ce mot étant
pris dans son sens
le plus large d'un état nouveau point exactement semblable au précédent
).
- Et toute naissance comporte, par le fait même qu'elle " est
",
la souffrance pour la non-possession et la perte,
la dégradation par vieillissement et, finalement,
la disparition par extinction.
- L'erreur majeure ~ et lourde de douleurs en puissance ~est
de croire
à un principe stable.
Tout est impermanence, nous ne sommes pas au réveil celui-là
même
qui s'est endormi la veille au soir.
Cet océan d'impermanence n'est
qu'un océan de douleurs renouvelées à l'infini.
- Aucune faute ne peut être rachetée.
L'homme naît seul, vit seul, meurt seul.
Et c'est lui seul qui pioche le chemin qui peut le conduire au Nirvãna,
le merveilleux royaume du Non-être, du Ne-plus-être.
- Si nous supprimons la cause de la douleur,
nous ne connaîtrons plus la douleur.
Or cette cause n'est autre que le désir de conquérir un bonheur,
désir appuyé d'une ignorance qui fait prendre pour vrai un
monde illusoire.
- Ma pensée a voyagé dans toute les directions
à travers le monde.
Je n'ai jamais rencontré quelque chose
qui fût plus cher à l'individu que son propre Soi !...
Etant donné que leur Soi est aussi cher aux autres
qu'à chacun l'est son propre Soi, eh bien,
celui qui désire son propre bonheur ne fera pas violence à
un autre.
- Par l'absence de colère on doit vaincre la colère.
Par le bien on doit vaincre le mal.
Par le don on doit vaincre l'avarice.
Par la vérité on doit vaincre le mensonge.
- Il est deux choses, ô disciples, qu'il convient d'éviter
:
Une vie de plaisirs, cela est bas et vain ;
Une vie de mortifications, cela est inutile et vain.
- C'est à l'intérieur de ce corps même,
Tout mortel qu'il est et de six pieds de long seulement,
Que sont, je vous le déclare,
Le monde et l'origine du monde,
Et la fin du monde,
Et pareillement le chemin qui mène à toute cessation.
- Nous nous créons des limites à nous-même,
Puis nous commençons un combat sans espoir pour les transcender.
A quoi nous sert-il d'attribuer aux événements de la vie
La cause de cette misère qui se trouve réellement en nous
?
Quel bonheur trouverons-nous jamais
Dans les choses extérieures à nous même ?
Même si nous l'obtenons, combien de temps durera-t-il ?
- Tout existence est douloureuse
La souffrance provient du désir, de la soif de jouissance
La suppression du désir met fin à la souffrance
La suppression du désir s'obtient en suivant
Le Noble Sentier Octuple, qui régit la conduite,
Les pensées et les vues de l'individu.
- Le Noble Sentier Octuple :
- La vue juste,
- la pensée juste,
- la parole juste,
- l'action juste,
- le moyen d'existence juste,
- l'effort juste,
- l'attention juste,
- la concentration juste.
- La périssabilité est la loi des choses,
Ne relachez pas vos efforts !
Sur le Bouddha
- On peut devenir Bouddha de son vivant
si l'on dissipe les causes qui s'y opposent.
Dissocier les phénomènes en leurs éléments constitutifs,
c'est agir sur les causes.
On épuisera toutes les possibilités d'illusion
en pénétrant d'un coup au centre du Vide
et non en les découvrant une à une.
Exactement comme on fait s'évanouir un mirage
lorsqu'en avion on pique en plein dans la vision.
- Le bouddhiste renonce à l'affirmation
et à un désir de Ne-plus-être.
Il se contente de poursuivre avec patience l'effacement du Moi
et de l'appétit de vivre.
Détaché de tout et de lui-même,
il répand son être avant de songer au Nirvãna.
Son idéal est d'être un bodhisattva
sauveur par amour pur des créatures.
- De même qu'on perçoit
le manque d'objectivité
dans les images du rêve une fois qu'on s'est éveillé,
de même le manque d'objectivité dans les perceptions
de la vie éveillée est perçue de ceux qui ont été
éveillés
par la connaissance de la vraie réalité.
- La sagesse consiste donc à
éteindre l'individualité en cessant
de nous identifier avec des appartenances inauthentiques
qui ne sont pas réellement nôtres.
Les activités venant du dehors traverseront alors le calme de l'esprit
comme un vol d'oiseau dans un espace sans vent.
Sri Aurobindo
- Abandonnez le bien et, à plus
forte raison, le mal :
celui qui a atteint l'autre rive n'a que faire de radeaux.
Majjhima-Nikaya
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